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Le trotskysme argentine face a la seconde guerre mondiale

Por Alicia Rojo

Comme nous l´avons avancé dans le numéro d´avant de "Cahiers", le CEIP réalise en ce moment une recherche dont le but est l´élaboration d´une étude sur Trotsky et les trotskystes dans la Seconde Guerre Mondiale. De plus nous développons une recherche sur les origines du trotskysme argentin et ainsi pouvoir en former le tout en une étude plus vaste qui est celle de l´histoire du surgissement du trotskysme en Amérique latine. En tant que partie de ces mêmes travaux, on présente ici une étude d´introduction qui concerne la politique des trotskystes argentins face à la Seconde Guerre Mondiale.

INTRODUCTION

La Seconde Guerre Mondiale a été sans doute un fait clé de la lutte des classes du XXème. Siècle. Face à elle, ainsi que face à toutes les guerres et révolutions, les révolutionnaires ont été prouvés en leur politique et en leur action.
Nous développerons dans cet article les positions des premiers groupes trotskystes argentins face à la Seconde Guerre Mondiale. L´exposition de ces politiques s´est passé dans le cadre des discussions sur le plan idéologique et programmatique, tandis que, sur le plan pratique, les groupes trotskystes ont cherché la manière d´intervention avec leur politique, même s´agissant de petits groupes. Ainsi, ils ont fait partie d´un débat où ils ont tenté d´élaborer leurs positions à partir des exposés de Léon Trotsky et la IV Internationale, et en contrepartie aux conceptions du stalinisme.
Nous voulons remarquer dans cet article la discussion centrale qui a été entamée dans cette étape, sur le caractère et les tâches de la révolution en Argentine, et la manière dont la discussion a été exprimée après l´éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, et sur les politiques développées face à celle - ci par les trotskystes argentins.
Nous montrerons aussi leurs positions face au caractère de la guerre. Le stalinisme a contesté en différents moments, la définition léniniste de la guerre interimpérialiste, comme nous le verrons dans cet article, avec d´énormes conséquences politiques. Parmi les trotskystes, il y a eu une série de discussions1 autour de l´application de la politique qui a exprimé des différences sur le caractère même de la guerre. Les groupes trotskystes argentins de l´époque que nous étudions, exposeraient clairement leur position sur ce sujet.
On voit aussi reflétée une dispute clé qui a parcouru les sections de la IV Internationale au cours de la Seconde Guerre Mondiale: la politique vers l´Etat Ouvrier bureaucratisé dans l´Union Soviétique. Cette affaire a divisé une partie du trotskysme internationale autour de la discussion sur "défensisme - anti défensisme", donnant origine à des scissions qui, à partir de celles qui se produisent dans le SWP américain, toucheront aussi des courants latinoaméricains2. Cette rupture n´eut pas d´effet dans les groupes argentins qui lancèrent une politique de défense de l´URSS. Nous définissons en tant que limites chronologiques de ce travail, la période qui va de 1939 à 1941. Nous remarquerons trois aspects: la définition du caractère de la guerre, la politique des groupes trotskystes face au conflit (dans ce cadre, nous ferons référence à la polémique sur la question de la "libération nationale"), et la politique face à l´URSS.

L´ARGENTINE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE.

A la suite de l´éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, en 1939, une mission britannique arriva en Argentine pour l´établissement des termes dans lesquels le pays participerait dans la guerre. Le ministre des Affaires Etrangères argentin Julio A. Roca, a dit: "Nous sommes et nous voulons nous maintenir neutres. Pendant ce temps, il me plaît de vous offrir toute notre collaboration dans cette large entreprise où votre mission se voit affrontée"3 . L´accord auquel on arriva avec l´Angleterre consistait à la neutralité argentine, sa non - intervention dans la guerre assurerait l´exportation vers l´Angleterre de tout ce qu´elle aurait besoin, prix fixe, à crédit, sans intérêt; pour compenser, l´Angleterre payerait avec des titres de la dette argentine située à Londres, et des actions d´entreprises de chemins de fers ainsi que d´autres déficitaires.
Ainsi, le caractère dépendant face à l´impérialisme britannique de l´Argentine forgé depuis 1880 fut renforcé à la suite de la crise de 1930, avec la signature du pacte Roca - Runciman4 , transformant le pays en une semi - colonie5. Cependant, les années d´avant - guerre ont présencié la déchéance de l´impérialisme anglais et le surgissement des Etats - Unis en tant que puissance. La Seconde Guerre Mondiale devait donner solution sur le remplacement par une puissance, de l´hégémonie britannique dans le monde. Le capital américain a renforcé son expansion en Amérique latine, et cette pénétration n´exclurait pas l´Argentine.
Les Etats - Unis entrent en guerre en 1941. Pendant ce temps, une série de discussions se sont développés à l´intérieur de la bourgeoisie américaine sur la politique à adopter vis - à - vis de la guerre. Face au gouvernement de Roosevelt, un secteur "isolationniste" posait le délai à l´entrée du pays dans le conflit6 . Tandis que, en définissant le soutien aux Alliés et la "défense de la démocratie", les Etats - Unis lançait une offensive sur l´Amérique latine. A partir de son entrée à la guerre, les Etats - Unis feraient pression pour obtenir la déclaration de guerre de la part des pays latino - américains contre l´Axe (Allemagne, Italie, Japon) et l´intervention de leur côté. L´Angleterre, pour sa part, poussait vers la neutralité argentine comme une manière d´empêcher le passage complet du pays à l´orbite américaine (le même but poursuivait l´impérialisme allemand avec son appui à la neutralité, bien qu´avec un poids mineur en Argentine).
Ainsi, une fois la guerre éclatée, la bourgeoisie argentine se divise face à cette dispute impérialiste. La bourgeoisie industrielle et ses politiciens, Patron Costas ou Pinedo7, par exemple, lançaient la collaboration active avec les Etats - Unis. Et après l´entrée américaine dans la guerre, cette politique fut accompagnée d´une agitation intense pour l´intervention argentine dans le conflit militaire. Toutefois, le gouvernement de Castillo reste fidèle à l´Angleterre et maintient la neutralité face à la guerre: "La neutralité argentine sous la présidence de Castillo avait l´approbation totale, quoique non publique, des intérêts britanniques en Argentine... Les groupes représentatifs du capital britannique comprennent que la rupture avec l´Axe situera à l´Argentine de façon intégrale dans le bloc panaméricain et sous la domination économique des Etats - Unis, rival commercial de l´Angleterre en Argentine."8.
Ce n´étaient pas seulement les politiciens conservateurs qui donnaient leur appui à la politique américaine. Mais aussi l´UCR et le PS, ceux - ci stimulaient la déclaration de la guerre contre l´Axe. Et vers le milieu de l´année 1941, le PC expose de même une politique de soutien aux Alliés. Le PC argentin adopta une politique errante concordante avec celle du PC soviétique et de la III Internationale stalinisée. Jusqu´à la signature du pacte Stalin - Hitler, le stalinisme avait défini sa politique de formation de fronts démocratiques contre la progression du fascisme. A ce moment - là, le PC argentin déclarait: "Les nations du continent ont compris qu´une collaboration étroite avec Roosevelt - qui ne pourrait pas être consideré comme une expression de forces impérialistes qui existent dans le Nord - ne réduit en rien l´autonomie de chaque pays ni touche à sa dignité personnelle".9.
Après le pacte avec l´Allemagne en 1939, le stalinisme caractérisait la guerre comme une guerre impérialiste et dénonçait la progression de l´impérialisme américain sur l´Amérique latine. Il disait alors: "Les Etats - Unis cherchent à mettre en place tous les recours économiques et militaires des pays latinoaméricains au service de leur politique de guerre. Il s´agit de la consolidation des intérêts impérialistes de Wall Street en Amérique centrale et en Amérique du sud. Au nom d´une lutte contre le nazisme, l´impérialisme yankee conspire contre les libertés publiques des pays américains".10.
Lorsque l´Allemagne invahit l´Union Soviétique en juillet 1941, le PC argentin fait appel à la lutte contre le nazisme et son mot d´ordre principal était: "Nous devons lutter ensemble et organiser l´action ouvrière et populaire ayant pour but de réussir que le gouvernement change sa politique extérieure actuelle et qu´il coordonne son action avec celle des peuples et gouvernements de l´Amérique latine et des Etats - Unis, pour assurer ainsi la défense du continent contre l´agression intérieure et extérieure des nazis - fascistes".11. Ici fut définie la politique de neutralité et "défense de la démocratie"12.
Dans le cadre de la guerre, l´économie argentine devenait prospère parallèlement au développement du commerce et au processus d´industrialisation par substitution d´importations. Le prolétariat industriel grandissait, nourri par l´immigration d´origine rurale.
Le régime, qui depuis le coup d´Etat de 1930, soutenait l´artifice d´une démocratie fraudulente, poursuivait les syndicats, attaquait les libertés démocratiques les plus élémentaires, réprimait les travailleurs et poursuivait leurs organisations politiques. La "décennie infâme" touchait à sa fin.

LE TROTSKISME ARGENTIN ENTRE 1939 ET 1941.

Le trotskisme argentin, surgit comme presque partout en Amérique latine, des ruptures qui eurent lieu à l´intérieur du PC, ceci dû à l´approfondissement de sa bureaucratisation, tant dans le parti local que dans la III Internationale. Quelques - uns des dirigeants qui donnent origine au trotskisme argentin, proviennent aussi du PS et des expériences dans les pays européens. Le premier groupe trotskiste surgit en 1929.
Nous nous centrons ici dans l´étape qui nous concerne.
Les dirigeants les plus remarquables de ce moment - là furent Antonio Gallo, Pedro Milesi, Liborio Justo et Mateo Fossa.13. En 1938 Milesi lance la publication "Inicial". En 1939 Liborio Justo et Fossa fondent le Groupe Ouvrier Révolutionnaire (GOR) et publient "La Internacional". La polémique centrale autour du problème de la "libération nationale" s´est entamée, dans cette étape, entre "Inicial" et "La Internacional". D´après Coggiola, 14 le GOR comptait quelques quinze militants15. Vers l´année 1940, Justo et Fossa avec des groupes du reste du pays transforment le GOR en la Ligue Ouvrière Révolutionnaire (LOR) et publient "La Nueva Internacional"16. Plus tard, ce groupe avec des apports des secteurs des jeunes publient "Lucha Obrera".
Vers l´année 1940, Milesi, qui publiait "Inicial", et Gallo fondent la Liga Obrera Socialista (LOS) où vont adhérer: un groupe d´ouvriers des ateliers des chemins de fer de Liniers, le groupe de La Plata, un autre de Rosario, des militants de Córdoba et ensuite Abelardo Ramos.
Pour le mois d´octobre 1941, la LOR comptait 27 membres et l´ensemble des autres groupes feraient quelques 75 militants17. Ces années - là, le trotskysme argentin apparaît divisé en ces deux groupes principaux. Il convient toutefois d´avertir la mobilité des petits noyaux et individus qui passent d´un groupe à l´autre, ou bien demeurent au dehors des principaux groupes en s´intégrant, quelquefois un certain temps, à un des groupes.
En 1941 le délégué de la IV Internationale, Phelan (Sherry Mangan) arrive pour l´impulsion de l´union de la LOR et de la LOS18; la LOR de Justo en opposition aux exposés visant à concrétiser d´abord l´union pour ensuite aborder et discuter les différences politiques s´y écarte. En 1942 Liborio Justo rompt avec la IV Internationale et Mateo Fossa quitte la LOR.
Cette année, une série de groupes fondent le Partido Obrero de la Revolución Socialista (PORS)19, qui publient "Frente Obrero" jusqu´en 1948.
Ce bref panorama est nécessaire pour repérer les publications, groupes et personnes qui interviennent à la définition de politique vis - à - vis de la guerre.

LE CARACTERE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LA POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE FACE A LA GUERRE.

Léon Trotsky a défini le caractère de la Seconde Guerre Mondiale: "La présente guerre - la deuxième guerre impérialiste - n´est pas un accident. Elle ne résulte pas de la volonté de tel ou tel dictateur. Elle avait été prédite longtemps auparavant. Son origine dérive inexorablement des contradictions qu´engendrent les intérêts capitalistes internationaux. Contrairement aux fables officielles forgées pour droguer les gens, la cause principale de la guerre, comme de tous les autres maux sociaux (...) réside dans la propriété privée des moyens de productions et dans l´Etat bougeois qui repose sur ces fondements (...) Mais, tant que les principales forces productives de la société seront possédées par les trusts, c´est - à - dire, par des cliques capitalistes isolées, la lutte pour les marchés, pour les sources des matières premières, pour l´administration du monde, prendra inévitablement un caractère de plus en plus destructeur"20.
Même la Première Guerre fut l´expression de la contradiction entre le développement des forces productives et les limites des Etats nationaux. L´élargissement du capital national hors des frontières des Etats entraîne une concurrence - où s´y mêlent Etats et Armées - de plus en plus accrue par les ressources et les marchés. La Première Guerre - définie ainsi comme une guerre interimpérialiste - divise le monde au profit surtout de l´Angleterre et de la France. Des pays tels que l´Allemagne et le Japon ont été exclus du partage. Pour leur part, les Etats - Unis, avaient fort besoin d´une nouvelle guerre pour donner solution à la contrainte des forces productives, transformant le monde entier en leur marché.
Le caractère fondamental de la guerre fut alors, celui de la guerre interimpérialiste pour le partage du monde et pour régler l´hégémonie mondiale. Outre les objectifs contre - révolutionnaires - la reprise de l´URSS pour le système capitaliste, la colonisation de la Chine et la défaite des processus révolutionnaires présents lors de la guerre - s´exprimeraient incessamment pendant sa durée. Cette définition sur le caractère de la guerre renverse le concept de la Seconde Guerre mondiale en tant qu´affrontement de régimes, entre fascisme et démocratie, soit la tromperie des Alliés de la présenter comme une guerre "en défense de la démocratie"21.
Vers la fin de la guerre on remarque que celle - ci est la combinaison de cinq conflits différents:
" 1. Une guerre interimpérialiste pour l´hégémonie mondiale, remportée par les Etats - Unis (bien que sa domination se verrait tronquée au niveau du territoire par l´extension du secteur non - capitaliste en Europe et en Asie).
2. Une guerre juste d´auto - défense de l´URSS contre une tentative impérialiste qui a pour but la colonisation du pays et la destruction des réussites de la révolution de 1917.
3. Une guerre juste du peuple chinois contre l´impérialisme qui se développerait à l´intérieur d´une révolution socialiste.
4. Une guerre juste des peuples coloniaux asiatiques contre plusieurs puissances militaires et qui visent à la libération nationale et à la souveraineté, où dans quelques cas (par exemple, en Indochine) elle se voit mêlée à la révolution socialiste.
5. Une guerre juste de libération nationale menée à bout par les populations des pays occupés de l´Europe."22.
Trotsky fut assassiné quelques mois après l´éclatement de la guerre, cependant, comme il avait une incroyable capacité de prévoyance, il réussit à former la IV Internationnale et à la doter d´un programme, avec des différentes politiques dans chaque pays et en accord avec chaque type d´affrontement. Ces politiques se condensent dans le "Manifeste de la IV Internationnale sur la guerre impérialiste et la révolution prolétaire mondiale", en mai 1940.
Dans les pays impérialistes, Trotsky envisage la nécessité de lancer toujours une politique indépendante de la bourgeoisie. Suivant la politique de Lénine, la IV Internationale établissait la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Dans le cadre de la guerre, la lutte de classes se poursuivait contre la propre bourgeoisie impérialiste, bien que cela signifie la défaite du propre pays dans la guerre. Le "défaitisme révolutionnaire" signifiait la négation de n´importe quelle "union sacrée avec la bourgeoisie" et la fraternisation avec les prolétaires des autres pays sous le mot d´ordre de: "l´ennemi est chez nous". Et ayant prévu la possibilité des souffrances inaudites des masses qui entraînerait une vague de révolutions, comme il arriva à la fin de la guerre, les prolétaires viseraient leurs armes contre leur propre bourgeoisie.
Trotsky développe aussi dans la guerre la continuité de la politique de la III Internationale en vie de Lénine envers les pays coloniaux et les semi - colonies.
La lutte des peuples opprimés pour leur indépendance doit être soutenue de manière inconditionnelle par les révolutionnaires: la rupture des pays dominés avec l´impérialisme, impose à celui - ci un coup dur et encourage les processus de libération des peuples opprimés et les prolétariats du monde.
Cependant, "la lutte pour l´indépendance nationale des colonies n´est, du point de vue du prolétariat, qu´une étape de transition dans le chemin qui ménera les pays sous - développés à la révolution socialiste internationale"23. Ainsi que, les colonies et les semi - colonies retrouveront leur indépendance au moyen de la révolution socialiste, il en est de même pour: "La lutte de cette grande masse de dépossédés pour leur libération représente une des deux grandes forces progressistes de la société moderne. L´autre est le combat du prolétariat des pays développés pour leur émancipation. La clef de toute la stratégie de la révolution socialiste mondiale réside dans la réussite de cette conjonction"24. Il n´existe pas de compartiments étanches entre la révolution dans les pays sous - développés et les développés, au contraire, la combinaison des deux, est la clef de la révolution mondiale. Il en est de même entre les révolutions démocratiques et les socialistes. Les tâches démocratiques, comme la libération nationale ou la révolution agraire, seront résolues par la révolution prolétaire. Ce caractère de la révolution ne nie pas l´existence de telles tâches démocratiques, mais veut signifier que ce ne sera pas la bourgeoisie qui ira les résoudre. "La bourgeoisie nationale des pays sous - développés est incapable d´effectuer cette transformation (sortir du sous - développement, organiser le pays sur des bases démocratiques) et ne peut même pas le faire de façon partielle puisque ceci signifierait la suppression du système d´exploitation où repose sa propre position dans la société (...), les révolutions nationales et démocratiques dans les colonies ne peuvent triompher qu´avec le prolétariat en tête, et avec la collaboration des travailleurs des pays développés"25.
La direction du prolétariat est une condition nécesaire pour la résolution effective des tâches démocratiques comme la libération nationale, mais à la fois, il faut conserver l'indépendance du prolétariat et son parti face à la bourgeoisie et ses institutions, ainsi qu'il faut que le prolétariat déploie ses propres méthodes de lutte. "Il ne faut pas laisser la lutte démocratique au compte de la bourgeoisie nationale, mais, dans la situation de montée du mouvement de masses, il est nécessaire de l'exprimer par la formation de conseils d'ouvriers, paysans et soldats, au niveau local, de province et national, en tant qu'organismes de la lutte de masses, et tôt ou tard, en tant qu'organismes du pouvoir des travailleurs. Tel pouvoir, contraire à celui de la bourgeoisie nationale, sera le seul capable de mener à terme la révolution démocratique en libérant les paysans et la terre des griffes des exploiteurs nationaux et étrangers. Dans cette lutte, la ligne de conduite du parti des travailleurs doit être celle de préserver sa propre indépendance, et l'indépendance de la classe ouvrière en tant que force politique séparée et distincte"26.
Dans le cadre de la guerre mondiale, les peuples opprimés doivent utiliser l'affrontement entre les exploiteurs et la crise que provoque la guerre, pour atteindre leur libération. Et c'est que la guerre ouvre la possibilité de processus révolutionnaires que le parti révolutionnaire doit profiter: "La guerre, qui entraine d'énormes difficultées et dangers aux centres métropolitains impérialistes, ouvre des larges possibilités aux peuples opprimés. Au tonnement des canons en Europe, on annonce l'approche de l'heure de sa libération"27.
Quelle était la pensée des trotskystes argentins sur le caractère de la guerre?
Liborio Justo, à partir des écrits de Trotsky de 1937 analyse la guerre comme le résultat du développement du capitalisme, discutant clairement contre les positions des socialistes et des communistes qui la caractérisaient comme une lutte entre le fascisme et la démocratie, c'est - à - dire, comme une guerre de régimes. "La guerre est une conséquence inévitable des contradictions capitalistes exacerbées au maximum dans l'étape impérialiste (...) leur besoin d'extension au dehors de ces frontières de l'Etat national - qui se sont transformées en un cercle d'acier pour le développement des forces productives - heurte inexorablement avec une situation analogue des autres groupes financiers nationaux et provoque un problème qui ne peut se résoudre que par la guerre. Ce n'est pas une guerre de régimes. Il n'est pas vrai du tout qu'il y ait un groupe de pays fascistes et un autre de pays démocratiques. Leur position dans l'un ou dans l'autre dépend des intérêts circonstantiels de chacun de ces pays"28.
Inicial, publication de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire (LOR), affirme ce même point de vue: "Quel type de guerre est celle que livrent actuellement les EEUU et ses Alliés contre le Japon et ses Alliés? Elle est une guerre impérialiste. Ils luttent pour le droit à l'exploitation des millions d'ouvriers et paysans, non seulement des pays en guerre mais aussi du monde entier, ils luttent pour un nouveau partage du monde au profit du capital financier"29.
Ainsi, la caractérisation des deux groupes sur la guerre coincide avec les propos de Trotsky et la IV Internationale. Et quelle politique proposent les trotskystes argentins face à la guerre et à l'intervention argentine dans celle - ci?

LE DÉBAT SUR LA "LIBÉRATION NATIONALE"

On commencera par l´exposé, à grands traits, de la polémique sur la "libération nationale" qui, se développant dès les premières années de la formation des groupes trotskystes argentins, se manifeste nettement dans l´etape qui nous occupe. Cela nous paraît essentiel pour ce qui est de la définition de la politique vis - à - vis de la guerre mais nous soulignons qu´ il y eut une discussion très étendue, d´une quantité de nuances et différences au sein même d´une attitude semblable et exprimée en une série de publications que nous ne pouvons pas aborder ici dans toute son ampleur.
Comme nous l´avons déjà annoncé, la polémique centrale dans cette étape surgit des deux groupes, le GOR, (puis LOR), dont le dirigeant plus renommé, du point de vue de l´élaboration de ses positions fut Liborio Justo, et le LOS, dont les élaborations les plus achévées vinrent d´Antonio Gallo, elles sont exprimées dans sa publication "Inicial". Pour comprendre cette discussion il faut partir des caractérisations faites par ces courants vis - à - vis de l´Argentine, et son rapport avec l´impérialisme.
D´après Liborio Justo et la LOR, l´Argentine était un pays semi - colonial soumis à l´impérialisme et dépendant de l´Angleterre. Cette relation "a déformé complètement le développement en harmonie des forces productives du pays, et paralyse son évolution industrielle et la résultante création d´un marché interne, à la fois qu´elle permet à l´oligarchie du bétail argentine - avec des intérêts parallèles à ceux de l´impérialisme anglais - de s´eterniser au pouvoir (...) A partir de cette communauté d´intérêts entre l´oligarchie du bétail et l´impérialisme, qui la soutenait, on en dérive en bonne partie à la actuelle situation du pays semi - colonial" 30.
La LOS caractérise le pays comme "du type moyen et transitoire entre les développés à grosse industrie, à indépendance économique et politique et les autres pays coloniaux sans industrie ni indépendance d´aucun type"31. Elle le définit comme un "pays semi - colonial développé"32. Le pays se caractérisait par son pourcentage élevé d´ouvriers et par les traditions théoriques, organisatives et politiques du prolétariat et "surtout les conditions de l´époque actuelle impérialiste, de maturité pour une économie socialiste mondiale"33, ainsi que par l´absence de "restes féodaux à la campagne argentine"34.
Tous deux affirment que l´impérialisme était le propriétaire des centres vitaux de l´économie argentine. Cependant, si nous suivons la position de la LOS, Jorge Lagos expose que l´impérialisme n´a pas "déformé" l´économie argentine ni a freiné le développement industriel, en décrivant le développement de l´industrie argentine et en affirmant que "la dépendance de l´économie capitaliste semi - coloniale de nos pays vis - à - vis de l´impérialisme, ne consiste seulement au caractère essentielement agricole de celle - ci - ceci serait objectivement faux tant pour l´Argentine que pour le Brésil - (...) mais aussi notamment parce que la crise générale du capitalisme mondial a situé notre classe dominante dans l´impossibilité de suivre sa marche de classe bourgeoise nationale vers l´impérialisme, étant obligé, au contraire, à entremêler ses aspirations et ses intérêts par des milliers de liens de tout type à ceux de l´impérialisme dominant. Les caractéristiques économiques actuelles de nos pays ne dénoncent aucune déformation de l´économie capitaliste; au contraire, la leur est la manière naturelle d´existence du capitalisme dans les semi - colonies et dans l´époque du capitalisme moribond"35.

D´après ces caractérisations, les groupes trotskystes considèrent de façon différente les tâches de la révolution en Argentine. En nous anticipant un peu et à grands traits, on peut dire que Justo et la LOR envisageront la nécessité qu´aura la révolution de résoudre les tâches démocratiques et fondamentalement la "libération" du pays de la domination impérialiste, et considéreront que des secteurs de la bourgeoisie nationale pourront initier des actions dans ce sens, quoiqu´elles ne seront pas résolues jusqu´au bout; d´où le besoin d´un prolétariat à la tête de cette lutte pour la révolution socialiste. La LOS, considérant qu´il s´agit d´un pays sans "restes féodaux" à détruire et mûri pour le socialisme, exposera que le prolétariat doit aborder la conquête du pouvoir en une révolution qui sera nettement socialiste; elle va nier aussi la possibilité d´affrontement de la part d´un secteur de la bourgeoisie avec l´impérialisme vu les liens existants. La LOS à travers Antonio Gallo pose clairement: "En Argentine il y a prolétariat et capitalisme, profit et plus - value et donc, lutte de classes et la stratégie du prolétariat doit être la révolution socialiste. Le seul antiimpérialisme de bonne loi est le socialisme (...) Le problème, posé d´une telle façon, écarte toute considération d´oportunisme et de démagogie de libération nationale"36.
En débat contre le mot d´ordre: "la lutte contre l´impérialisme est, en premier lieu, contre la bourgeoisie nationale" qui, plus au moins, avait annoncé la LOS dans des diverses occasions, Liborio Justo posera:"...c´est l´erreur principale de nos camarades, celui d´oublier le fait que l´Argentine se situe parmi les pays semi - coloniaux et de vouloir appliquer mécaniquement à ceux - ci les mots d´ordre et les directives que les maîtres du socialisme ont donné pour des pays impérialistes. C´est vrai que notre position doit être une lutte aigre contre la bourgeoisie argentine parce que, d´après Trotsky pour ce qui est des pays coloniaux et semi - coloniaux, on ne doit pas attendre à ce qu´elle soit plus progressiste ou révolutionnaire que celle des pays impérialistes. Mais de là à lutter contre elle en premier lieu comme la meilleure forme de lutter contre l´impérialisme, c´est ne pas avoir une idée définie de la signification de la libération nationale qui a en son sein un sens essentiellement antiimpérialiste"37.
La LOS, par contre, s´exprime ouvertement contre la politique de libération nationale. "La LOS attaque sans ménagements la formule de libération ´nationale´. La Nation s´exprime toujours à travers la classe dominante. Aujourd´hui la bourgeoisie domine. Il s´agit, donc, pour parler clairement, de la libération de la bourgeoisie? Cette libération peut avoir un intérêt de la part de l´Union Industrielle Argentine, mais non des travailleurs. S´il s´agit de la libération nationale que mènera à bout le prolétariat, alors il ne faut pas se valoir de formules qu´utilisent l´ennemi de classe et le stalinisme. Dans le langage marxiste il existe des expressions plus exactes: libération du prolétariat, prise du pouvoir par le prolétariat. La libération ´nationale´du prolétariat est sa libération de la bourgeosie, est une libération sociale"38.
Et ce n´est pas cependant un problème de formulation. En accord avec la caractérisation du pays développé plus haut, la LOS expose: "L´Argentine est un pays semi - colonial avancé(...) mûri pour une économie socialiste. Ceci détermine la stratégie de l´avant - garde prolétaire, cela dit, la stratégie de la lutte de classes et de la révolution socialiste. La révolution ne peut s´arrêter dans les mesures démocratiques ni dans les limites nationales. Elle s´étendra aux autres pays américains et cherchera la solidarité des travailleurs des Etats - Unis. Posé ainsi, le problème annule toute considération d´opportunisme et de démagogie de ´libération nationale´"39.
Comme on peut l´apercevoir, la discussion posé implique celle d´un rapport entre la résolution des tâches démocratiques et la révolution socialiste. Selon Liborio Justo "Le prolétariat se voit contraint à finir, en premier terme, les tâches démocratiques - bourgeoises, étant donné que la propre bourgeoisie en est incapable, ce qui lui empêche un envisagement direct de la révolution socialiste (...) comme dans les pays impérialistes; le prolétariat au pouvoir, lors de la réalisation de la révolution agraire antiimpérialiste, ne pourra pas s´y arrêter et selon les conditions économiques du pays et comptant toujours avec suffisamment de force ou avec l´aide adéquate du prolétariat mondial, elle passera immédiatement aux tâches socialistes"40.
La LOS synthétise les tâches du moment ainsi: "La lutte pour un programme de transition [elle parle de l´ascension mobile de salaires et le contrôle ouvrier de la production]. Celle - ci est la tactique positive et non négative de la IV Internationale dans tous les pays, autant dans les pays semi - coloniaux comme l´Argentine, que les capitalistes développés comme les Etats - Unis"41.
L´opposition de la LOS à la politique de libération nationale est liée à sa position face aux classes dominantes nationales. "Le principal agent de l´impérialisme est la classe dominante nationale... A l´intérieur du régime capitaliste, il ne peut être d´une autre manière. C´est pour cela que c´est un mensonge de la reaction la dite "libération nationale". Servant à la fois aux propriétaires fonciers, aux éleveurs et aux entrepreneurs comme classe, les "radicales" (ceux qui appartiennent au Parti Radical, N. de T.) s´appuient de préférence sur la bourgeoisie industrielle naissante, la classe moyenne et les masses populaires. Les conservateurs, de leur part, s´appuient sur les noyaux agraires" 42.
Liborio Justo affirme "... Dans les pays coloniaux et semi - coloniaux, certains secteurs de la bourgeoisie peuvent commencer une action contre l´impérialisme qui, évidemment, ils ne méneront jamais jusqu´au bout, mais qui, durant son développement, il faut que le prolétariat appuie, conservant son indépendance de classe, et faisant voir clairement à la classe ouvrière le caractère de cette lutte de la part de la bourgeoisie, essayant de gagner la direction de celle - ci pour la poursuivre jusqu´à la fin".43.
En vue des positions de ce style, la LOS exposait: "Il est clair que, si en Argentine il y avait un groupe bourgeois capable d´exproprier les entreprises impérialistes, nous soutiendrions critiquement chaque mouvement progressif de ce groupe, mais nous constatons que ce groupe n´existe pas."44.
Il s´agit, en somme, d´une discussion autour de l´application de la théorie de la révolution permanente en Argentine. Les deux groupes affirment que le sujet de la révolution est le prolétariat, et tous deux affirment le caractère internationale de la révolution socialiste. Les différences apparaissent autour des particularités de l´Argentine et des tâches que la révolution pose ici. Pour la LOS, les tâches démocratiques ont un poids semblable à celles d´un pays développé. Pour Liborio Justo y la LOR, elles occupent une place centrale et leur résolution constitue le premier pas de la révolution ouvrière. Ainsi, des différences surgissent autour de la possibilité d´une apparition des secteurs de la bourgeosie qui réaliseraient des actions contre l´impérialisme. La LOS nie cette possibilité; Justo et la LOR l´affirment, à la fois on envisage la politique à suivre dans ce cas là. Il n´est pas dans notre but ici de faire une critique profonde de ces positions. Un travail de ce type, impliquerait la présentation de l´ensemble des documents et une analyse minutieuse des positions. On peut toutefois aborder l´évaluation générale à partir des analyses de Trotsky sur les pays latinoaméricains durant cette étape.
Pendant les années de son exil au Mexique, Trotsky dédie une partie de ses travaux à l´étude de l´Amérique latine. Ces études deviennent fondamentales pour comprendre la relation particulière entre l´impérialisme, la bourgeoisie nationale et les masses dans les pays semi - coloniaux. A l´intérieur de ces pays Trotsky analyse notamment le surgissement de mouvements nationaux bourgeois et petits - bourgeois (comme le cardenisme au Mexique ou le APRA péruvien). Le concept de "bonapartisme sui generis", par exemple, offre un outil clé pour comprendre ces phénomènes, et établit le rapport dialectique entre classes et l´Etat dans les pays semi - coloniaux et entre ceux - ci et l´impérialisme45. Trotsky perfectionne la théorie de la révolution permanente dans les pays semi - coloniaux, la lutte de libération nationale comme l´un de ses moteurs fondamentaux et la stratégie de la conquête du pouvoir par la classe ouvrière commendant les masses paysannes46. Ainsi, il établit aussi la possibilité de la part de la bourgeoisie des pays semi - coloniaux à une prise de mesures d´affrontement à l´impérialisme (comme ce fut le cas du Mexique pour la nationalisation du pétrole), en différenciant l´attitude à avoir face à ces mesures concrètes de la politique générale vers les gouvernements qui les appliquent.47.

Les analyses des groupes trotskystes s´opposent aux conceptions du Parti Communiste qui annonçait l´existence d´une économie semi - féodale en Argentine, qui avouait la nécessité d´une révolution de caractère démocratique - bourgeois, comme une étape au préalable à la révolution socialiste, et en fonction de cela, il posait l´alliance avec un secteur de la bourgeoisie nationale "industrialliste" et "démocratique". La LOS met en valeur de manière correcte le caractère capitaliste de l´économie argentine et l´étroite interrelation entre les classes dominantes nationales et l´impéralisme et le caractère socialiste de la révolution en Argentine. Cependant, leur caractérisation (exposé avant, comme ils l'ont reconnu, par les réformistes Juan B. Justo et Del Valle Iberlucea) ne considère pas le caractère de pays opprimé par l'impérialisme et donc n'incorpore pas les analyses de Trotsky à propos de la relation spéciale qui s'établit entre les pays latinoaméricains et l'impérialisme et ses conséquences sur la relation entre les classes à l'intérieur de ces pays.
Ainsi, on ignore l'importance des tâches démocratiques non résolues, à commencer par la libération de la domination impérialiste.
Les analyses de Liborio Justo exposent plus correctement le caractère semi - colonial du pays et la relation avec l'impérialisme et, donc, l'importance de la résolution des tâches démocratiques, quoiqu'elles manquent de la richesse des analyses de Trotsky, surtout par rapport aux classes dominantes dans les pays opprimés, ses divisions et son attitude face à l'impérialisme. Néanmoins, peu après Justo rompt avec la IV Internationale, il va évoluer vers des positions nationalistes48, et il finira par lancer, quelques années plus tard, son opposition à la politique que Trotsky avait envisagée face aux expropriations du cardenisme au Mexique.

LA POLITIQUE DES TROTSKYSTES ARGENTINS FACE A LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE

En nous introduisant maintenant à la politique spécifique face à la guerre, quant à leurs explications, les deux groupes font des analyses étendues sur la situation de l'Argentine et la politique du gouvernement vis - à - vis de la guerre impérialiste. Tous deux dénoncent les préparatifs face à la possibilité de l'entrée de l'Argentine dans la guerre, ils dénoncent aussi la liaison du régime avec l'impérialisme exprimée dans cette affaire, et les effets qui pourraient avoir pour les travailleurs et le peuple une intervention argentine dans le conflit. D'après ces analyses, les groupes développeront leur politique, tous deux rejettent cette intervention, cependant leurs points de vue différents sur les tâches de la révolution feront qu'ils exposent des politiques et des tactiques différentes.

Liborio Justo et La Nueva Internacional (publication de la LOR) dénoncent les préparatifs de l'Argentine pour entrer dans la guerre, ainsi que la publicité des médias bourgeois pour l'intervention à côté des alliés. Ils caractérisaient qu' "une des exigeances de l'impérialisme, la plus essentielle et urgente est l'entrée de l'Argentine dans la guerre pour son patron anglais"49.
La cible des critiques était aussi les partis de gauche: le Parti Socialiste, le Parti Communiste et les courants nationalistes comme FORJA50. Ils dénoncent l'action de groupes pro fascistes qui stimulent l'intervention argentine vers l'appui des pays de l'Axe.
La certitude de l'entrée de l'Argentine dans la guerre les menait à l'affirmation de: "L'Argentine est un pays semi - colonial soumis à l'influence de l'impérialisme, et celle - ci est exercée dans le sens d'utiliser tous les recours disponibles pour vaincre ses adversaires, ce qui a déjà provoqué l'intervention de toutes les colonies, qui sera bientôt suivie par les semi - colonies"51.
En accord avec cela il expose que: "notre prolétariat comprenne la gravité du moment (...) pour apprécier (...) les préparatifs de ceux qui s'allistent pour les mener au massacre en faveur de ses exploiteurs, pour le vendre comme chair à canon de l'impérialisme"52.
Les successeurs de la LOS analysaient de même la possibilité de l'intervention de l'Argentine dans la guerre en mettant en valeur le rôle de l'impérialisme américain: "les bases que la République Argentine devra fournir à l'impérialisme yankee seront des moyens de pénétration directe de l'impérialisme. Une fois consommée l'incorporation argentine au bloc 'démocratique', l'intervention directe dans la guerre sera une intervention impérialiste, provoquée par l'impérialisme anglo - yankee et avec laquelle les masses productrices du pays n'y auront rien gagné"53.

Sur ce point - ci, les deux groupes sont d'accord, la dénonciation de l'impérialisme et son influence dans le pays, Liborio Justo disait: "... la soumission de l'Argentine à l'impérialisme anglais est chaque jour plus accentuée. Outre les traités commerciaux qui lient le pays à l'Angleterre, celle - ci deviendra la seule acheteuse. Et si aujourd'hui même elle impose sa volonté au point que les céréaux et les viandes du pays, au lieu d'augmenter leurs prix - comme s'y attendait la bourgeoisie argentine, qui pensait répéter l'affaire de la guerre antérieure - ils ont baissé, tandis que les marchandises manufacturées procédant de l'Angleterre augmentent, celles que nous devons acheter, comment il serait possible de douter sur ce qu'elle ferait lorsqu'elle deviendrait le seul marché de nos viandes, un moment où, comme condition pour ses acquisitions - évidemment à des meilleurs prix - elle exigera l'envoi des troupes en Europe, pour lutter au côté de l'Armée anglo - française? Si la bourgeoisie argentine, pour poursuivre ses ventes à l'Angleterre, face à la menace que signifiaient les traités d'Ottawa, a livré intégrement l'économie du pays à l'impérialisme britannique, comment est - il possible de croire qu'elle ne le refera pas actuellement lorsque cette menace se présente à nouveau (...)"54. Ou face à l'impérialisme américain: "Les Etats - Unis essayent non seulement de dominer économiquement et militairement nos pays, mais ils préparent le chemin pour les traîner derrière eux à une massacre mondiale, quand son tour viendra de dirimer la suprématie mondiale avec l'Allemagne qui domine l'Europe, et du Japon qui domine l'Asie. De façon que si l'Argentine n'est pas entraînée derrière l'Angleterre, dans les prochains mois elle le sera inévitablement plus tard derrière les Etats - Unis"55.
De leur part, Inicial disait, en denonçant l´impérialisme anglais et les accords établis avec le gouvernement argentin: "On offre à l´impérialisme anglais le cadeau de payer ses achats dans le pays, non pas en or comme le font les Etats - Unis - recevez et payez - mais avec la livraison de valeurs argentins, des actions de chemin de fer, titres, etc., et par ce fait les obligations à long terme sont converties en "argent liquide", à la fois qu´on facilite le transfert à l´impérialisme yankee de la dépendance actuelle du pays, vis - à - vis de l´Angleterre"56. Et vis - à - vis de l´impérialisme américain: "C´est ainsi que les Etats - Unis développent leur politique de bon voisinage, ils entendent par là ce qu´est le panaméricanisme. Que signifie la démocratie aux Etats - Unis? Roosevelt vient de déclarer à travers un porte - parole autorisé qu´il va abroger la semaine de 40 heures, pour intensifier la production belligérante. Il faut se convaincre que le problème le plus important à nos jours est celui de la pénétration impérialiste yankee en Amérique latine. Nous devons enseigner au prolétariat qu´il n´existe aucune contradiction entre la politique d´appui aux démocraties dans l´ordre externe et la suppression violente des libertés démocratiques du mouvement ouvrier dans l´ordre interne. Ceci ne fait que souligner l´hypocrisie de la classe dominante. Le retour de Ortiz ou des "radicales" au pouvoir n´apporterait pas les libertés démocratiques du moins pas plus que pour un stricte et nécessaire délai qui permette au Parlement de voter et au gouvernement d´exécuter, la cession de bases, les emprunts yankees, l´entrée en guerre"57.
Ainsi, les deux groupes dénoncent le rapport de l´Argentine avec l´impérialisme et associent l´intervention du pays dans la guerre avec la soumission de l´Argentine envers celui - ci. A partir de cela, on appelle le prolétariat à lutter contre la participation argentine dans la guerre. Quoique, comme nous le verrons de suite, les deux groupes se différencient en leurs positions.

Liborio Justo va lancer une politique de neutralité, qui signifiait la mobilisation des masses contre tout type d´intervention du pays dans la guerre. "Le prolétariat argentin, entraînant derrière lui toute la masse du pays, doit proclamer sa neutralité face au conflit impérialiste et exiger qu´elle soit effective. L´Argentine n´a rien à faire dans une guerre entre bandits impérialistes qui luttent pour un nouveau partage du monde"58.
Quelles caractéristiques avait cette neutralité pour la LOR de Liborio Justo? La position de ce courant part de se différencier de la même politique qu´un secteur de la bourgeoisie soutenait et que le gouvernement argentin menait à bout. "Les radicaux de Sabatini et de FORJA, ainsi que les stalinistes de "La Hora" prennent la figure de Yrigoyen pour demander le maintien de la neutralité argentine. Nous, fidèles aux principes du marxisme léninisme, exigeons aussi une position neutre du pays, mais non pas au nom de Hipólito Yrigoyen, sinon au nom de l´internationalisme ouvrier. Nous savons que cette neutralité argentine ne dépend pas de la volonté des gouvernants serveurs des intérêts impérialistes mais de la décision du prolétariat pour la rendre effective"59.
Cependant, on trouve qu´un secteur du parti radical résiste à la politique officielle de l´UCR: "dans le parti d´Yrigoyen (...) pas tous seraient d´accord avec la position belliciste adoptée par ses principaux dirigents. La neutralité adoptée par le chef radical dans la guerre de 1914 - 1918, lors de sa première présidence est un fantôme qui sera difficilement chassé par ceux qui aujourd´hui se voient ses héritiers" 60.
En fonction de sa politique générale envers la guerre, la LOR envisage des politiques plus concrètes vers la classe ouvrière: "C´est pour cela que, depuis le début nous avons proclamé la nécessité de la formation de Comités de Front Unique contre la participation argentine dans la guerre. Seulement l´existence de noyaux de ce type dans chaque usine, dans chaque atelier, dans chaque quartier, dans chaque collège, dans chaque faculté peuvent être une garantie pour que l´Argentine ne soit pas entraînée dans le massacre et que le peuple n´aille pas mourir dans les champs de bataille étrangers pour défendre des intérêts bâtards qui ne sont pas les siens" 61. "Pour que ne sorte ni un centime, ni une graine de blé, ni un kilo de viande à l´aide des blocs impérialistes assassins de nos frères de classe en France, en Angleterre, en Allemagne ou dans n´importe quel pays du monde". 62.
La LOR présente un exemple de cette politique: le Syndicat Unique d´Ouvriers du Bois, proposé par Mateo Fossa, a adopté une résolution qui établit: "Face aux rapides et graves événements de lutte interimpérialiste en Europe, et vu l´imminence de danger quant à l´action de l´impérialisme et son complice, la bourgeoisie nationale, essayeront, comme on l´insinue, de traîner le prolétariat argentin au massacre, l´Assemblée du Syndicat Unique Ouvrier du Bois et annexes, s´adresse à toutes les organisations du pays pour qu´elles réalisent des assemblées extraordinaires pour traiter cette affaire, qu´elles offrent un espace dans les tracts, des numéros spéciaux de leurs journaux contre la guerre et pour la neutralité argentine, qu´elles réalisent des actes identiques dans ce sens, qu´elles proposent la formation de Comités de Front Unique contre la participation argentine dans la guerre impérialiste et qu´on réalise un Congrès extraordinaire de toutes les organisations ouvrières pour aborder et faire face à la gravité de la situation" 63.
Enfin, la LOR associe sa politique, vis - à - vis de la guerre avec une politique plus générale, la lutte pour la libération nationale: "La classe ouvrière ne doit pas permettre qu´on l´utilise comme chair à canon pour la défense des intérêts de ses oppresseurs, et, au cas où elle serait entraînée aux armes, elle doit les utiliser, non pas pour assassiner ses frères de classe d´autres pays, mais pour se libérer des chaînes et pour rompre son esclavage" 64.
"Seule la classe ouvrière au moyen d´un Front Unique Prolétaire, surveillant les destins de la République, peut suspendre l´entrée de l´Argentine dans le massacre et réussir la libération nationale à travers l´expropriation sans indemnité et la nationalisation des banques, des entreprises et des grandes propriétés rurales, le refus de la dette externe et le monopole du commerce extérieur. Le peuple a, face à lui, un seul chemin, où il ouvre cette double perspective: lutter pour la libération nationale ou se soumettre et aller mourir au service de l´impérialisme qui l´oppresse et l´exploite" 65. "Luttons, donc pour la libération nationale comme le seul moyen de maintenir la neutralité argentine dans le conflit entre les bandits impérialistes. (...) Pour la libération nationale, atteinte à travers la révolution prolétaire!" 66.
Passons maintenant à la LOS. Pour ce courant, l´approche de la guerre était une certitude: "Sans l´entrée en action de la troisième force, cela dit, des travailleurs organisés en partis, en groupes ou tendances, sans la lutte pour la conquête du pouvoir, la guerre sera inévitable" 67. "Nous disons que (...) la lutte ouvrière contre la guerre impérialiste est unie à la tâche de combat contre la classe dominante argentine, associée à l´impérialisme anglo - américain" 68.
Si le besoin était d´éviter l´entrée dans la guerre de l´Argentine, quelle était la politique pour le réussir? "la tâche fondamentale du moment consiste à expliquer le caractère de la pénétration impérialiste américaine dans ces pays, à expliquer que les Etats - Unis et l´Angleterre, ainsi que l´Allemagne et l´Italie, représentent aujourd´hui toutes les horreurs et les misères de la guerre, à expliquer que la neutralité face à la guerre est absurde, opportuniste et suicide, à envisager une lutte ouvrière contre la guerre impérialiste ici, en Amérique latine et en Europe, à soutenir le maintien des salaires et leur augmentation en proportion à l´augmentation du coût de la vie, à organiser les travailleurs pour la défense de leurs droits immédiats, au maintien d´une politique syndicale de classe, à mettre à nu le caractère complètement réactionnaire de la bourgeoisie argentine et sa dépendance de l´impérialisme anglo - américain, à avoir pour but stratégique la conquête du pouvoir par le prolétariat, la classe sociale de poids dans l´économie argentine, et dans la vie politique, à créer les cadres du nouveau parti révolutionnaire" 69. Ainsi, la lutte contre la guerre s´associe à la lutte contre la propre bourgeoisie, ce qui se préconise pour le reste de l´Amérique latine.
C´est dans ce sens qu´on combat la politique de "neutralité". "La LOS est pour la lutte contre les exploiteurs à l´intérieur et à l´extérieur, contre la bourgeoisie nationale d´abord, puis contre le capital financier international. (...) La guerre ne pourra pas être empêchée avec le sabotage pacifiste de la "neutralité", ni des mouvements en vue de favoriser ou nuire à l´une ou l´autre des factions impérialistes"70.
Liant le mot d´ordre de "neutralité" à la politique de "libération nationale", on oppose à toutes deux: "Ceux qui affirment que la bourgeoisie est capable de tirer profit de la guerre impérialiste pour être à la tête de "tous les opprimés" et affronter une guerre de "libération nationale", ne connaissent pas le rôle de l´impérialisme dans nos pays et celui de l´impérialisme yankee en Amérique latine. Ce groupe de capital financier, devenu de nos jours en la colonne vertébrale du régime bourgeois, manipule actuellement pour déplacer de nos pays ses rivaux impérialistes, notamment l´Angleterre en dépit de l´aide contre le bloc ennemi. (...)
Il ne s´agit pas d´être "neutre" pour maintenir la bourgeoisie nationale au pouvoir. Mais plutôt de lutter activement contre toute participation ou préparatif de guerre. Il s´agit de reprendre le travail anti militariste qui a été abandonné par les stalinistes, et ce fait n´est pas un hasard. Il s´agit de lier la guerre contre l´impérialisme à la lutte contre la guerre, ayant présent à tout moment que "l´ennemi est dans notre pays" et la seule guerre juste ... est celle que nous livrons et que nous livrerons contre cet ennemi..." 71.
Ainsi, la politique de "neutralité" apparait pour la LOS comme le résultat de la position qu´ "attendait" trouver un secteur de la bourgeoisie qui lutterait contre l´impérialisme. Elle est attaquée comme une politique passive pour faire face à la guerre, et elle considère que la seule politique effective est la lutte contre la bourgeoisie nationale et, donc, la poussée de la révolution socialiste. De plus, le mot d´ordre de neutralité "est dépourvue de tout esprit de lutte contre les deux factions impérialistes. En son apparente attitude d´indiférence envers la victoire des deux champs on ne peut pas découvrir la position prolétaire que les deux champs sont, à vrai dire, la même chose, et doivent être détruits tous deux" 72.
Quelle est la politique concrète lancée par la LOS? Face à la perspective de la guerre, "elle fait appel aux travailleurs de lutter contre la guerre par les méthodes de l´internationalisme révolutionnaire, et aussi de lier les luttes pour le salaire, contre la racionalisation du travail, etc. à la lutte contre la guerre, d´organiser dans les usines, ateliers, quartiers et villages, des comités d´actions pour les revendiquations des masses travailleuses de la ville et de la campagne, d´aller contre toute participation du pays dans la guerre, contre tout préparatif de guerre, contre les crédits militaires, et pour la défense de l´Union Soviétique contre ses ennemi de l´extérieur et de l´intérieur" 73. "Pour la formation des comités dans tout le pays en vue de transformer la lutte des factions impérialistes qui veulent mener le pays à la guerre en une lutte contre les exploiteurs internes et externes. Pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile". 74.
La politique de la LOS traduit mécaniquement le défaitisme révolutionnaire, posé par Lénine pour les pays impérialistes, à une semi - colonie. Faisant de justes dénonciations de la politique de l´impérialisme et son attachement à la bourgeoisie nationale, nie la possibilité de la contradiction qui peut surgir entre la bourgeoisie des pays semi - coloniaux et l´impérialisme (cette négation se produit lors du surgissement des phénomènes nationalistes bourgeois en Amérique latine). La caractérisation de particularité du développement capitaliste argentin que nous abordons dans cet article, se trouve à la base de ce définition.
Au contraire, comme nous l´avons dit plus haut, Liborio Justo avertit le rattachement existant entre la résolution des tâches démocratiques, en particulier celle de la libération nationale et la révolution socialiste dans les pays semi - coloniaux. Ainsi, pour Justo la guerre offrait un terrain pour le surgissement de mouvements anti - impérialistes de masses. Cependant, le fait de poser durant la guerre le mot d´ordre de neutralité, lié, bien que de manière latérale, à un secteur de la bourgeoisie nationale (par exemple, le secteur du Parti Radical, qui soutient la neutralité contre la politique officielle du parti) laisse ouvert le terrain pour soutenir une politique de concession aux bourgeoisies nationales qui résistent partiellement à quelque impérialisme.

LA POLITIQUE DES TROTSKYSTES ENVERS L´UNION SOVIETIQUE

Finalement, on aborde les exposés des trotskystes argentins par rapport à la défense de l´URSS.
Trotsky affirmait la nécessité de défendre l´énorme progrès historique que signifiait l´économie planifiée, faisant face aux positions qui disaient que après le pacte entre le Kremlin et les pays impérialistes, il n´y avait pas de différences entre ceux - ci et l´URSS.
Trotsky disait que la défaite de l´URSS en mains de l´impérialisme revenait à la restauration des relations de production capitaliste et donc, un recul. Pour ce motif, Trotsky combat la position qui annonce que le principal ennemi est la bureaucratie soviétique et lance la défense de l´URSS avec les méthodes de la lutte révolutionnaire, cela dit que cette défense était inséparable de la lutte pour le renversement de la bureaucratie du Kremlin, mais non pas une condition. Et enfin, contre ceux qui lançaient que le fait de défendre l´Etat ouvrier bureaucratisé signifiait céder devant ses alliés et donc, avaient une politique défaitiste face à l´URSS, Trotsky expose la nécessité de distinguer la défense de l´URSS de la politique envers les pays capitalistes et leurs prolétariats. Ceux - ci devaient lancer la politique de défaitisme de leur propre bourgeoisie, à la fois qu´ils lançaient le défensisme de l´Etat ouvrier bureaucratisé, donnant l´appui à des actions telles que l´envoi d´armes à l´URSS. C´est cette politique que fut lancée par la IV Internationale face à l´invasion allemande à l´URSS en 1941.
Quant au trotskysme argentin, les deux groupes adoptent des positions en accord à celles soutenues par Léon Trotsky et la IV Internationale. On offre deux notes comme exemple. La LOR expose sa politique ainsi: "Si Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne; si la révolution a été écrasée en Europe au profit de Hitler; si l´Armée nazi est aux portes de la terre d´Octobre et menace la soumettre, c´est donc qu´il a compté avec l´aide de la bande de traîtres, ceux qui grimpent au Kremlin sur le dos du peuple russe, et qui se proclament héritiers de la révolution de 1917 seulement pour en détruire ses conquêtes.
Nous avons toujours dit que le premier pas envers la défense de l´URSS était l´effondrement révolutionnaire de la clique bonapartiste de Moscou.
En ce moment, nous soutenons une fois encore notre mot d´ordre (...) de la défense sans conditions de l´URSS contre ses ennemis impérialistes. La réelle et vraie défense de l´URSS ne se fait pas à travers l´appui à ses "alliés" d´aujourd´hui et "amis" impérialistes, mais au moyen de la plus intense et aguerrie lutte de classes contre le gouvernement de ces pays impérialistes, ayant pour but la conquête du pouvoir". 75.
De sa part, la LOS 76 expose: "... Nous, qui intégrons la IV Internationale (...) avons été les seuls à combattre de façon égale, sans une seule concession, les impérialistes de toutes les nuances et de tous les pays (...) Nous avons combattu la bureaucratie soviétique et ses bureaucrates déplorables locaux (...) Nous avons été le seul parti qui, poussa à la lutte de toute la classe ouvrière contre le fascisme et qui avertit que le seul moyen réel de défendre l´URSS est la lutte pour le socialisme international, sans hypothéquer jamais l´indépendance de classe. Ainsi que les travailleurs et paysans soviétiques, malgré la "sovbour" ("bourgeoisie" soviétique) des "dornoyedniky" (dépouilles qu´ils mangent mais qu´ils n´ont pas gagnées) des "bezdelniki" (oisifs qui gaspillent le temps) et malgré Staline et Molotov, chefs de la bande totalitaire thermidorienne et bonapartiste (...) ils luttent au front contre l´invahisseur, de la même façon, les travailleurs argentins et latinoaméricains (...) doivent occuper leur place à la défense de l´URSS. Pas de passivité! Ce sont de temps d´action! Dans tous les syndicats, dans tous les organismes populaires, les travailleurs doivent faire entendre leur voix de solidarité avec l´URSS.
Pour la reprise des relations commerciales avec l´URSS! Pour le front unique des travailleurs de tous les partis et organisations syndicales! Pour les droits démocratiques de presse, de réunion, d´association et de grève! Lutte indépendante des travailleurs contre la guerre, pour la transformation de la lutte politique d´opprimés contre oppresseurs! Pour le socialisme!" 77.

A MANIERE DE RESUME

Dans cet article, on a remarqué trois aspect: la définition du caractère de la guerre, la politique vers la classe ouvrière face à la possibilité de l´entrée de l´Argentine dans la guerre et la politique envers l´Union Soviétique.
Comme on a déjà vu, les deux groupes caractérisent la guerre comme interimpérialiste, et font allusion à la contradiction essentielle du capitalisme entre le développement des forces productives et les limites des Etats nationaux. Il s´agissait d´une lutte pour le partage du monde dont la différentiation fondamentale n´était pas celle du régime politique de chaque pays. Dans ce sens, le refus à la caractérisation de "guerre de régimes", c´est - à - dire, d´un affrontement entre fascisme et démocratie, s´exprime nettement. Les conséquences de cette caractérisation sur la politique impliquaient l´opposition aux pays alliés, qui exerçaient la domination directe sur l´Argentine et le refus à la position de "défense de la démocratie" contre le fascisme, qui a caractérisé au reste des partis de la gauche.
En plus, on doit remarquer la dénonciation contre l´impérialisme et contre la soumission du pays qui distingue les deux groupes du trotskysme argentin. Particulièrement, dans un moment où la guerre interimpérialiste mettait au premier plan cette relation avec l´impérialisme, et où les partis de la gauche argentine ont soutenu l´appui aux impérialismes anglais et américain, cédant à la pression des pays qui soumettait l´Argentine.
L´aspect le plus polémique est la politique face à la guerre dans l´Argentine. La caractérisation de la proximité de l´intervention argentine s´exprime dans les deux groupes quant au projet de politiques d´action contre la guerre, dirigées vers l´ensemble de la classe ouvrière. Au delà des politiques concrètes, on exprime les conceptions autour du rapport de l´Argentine avec l´impérialisme, la bourgeoisie nationale et le régime, le placement des pays arriérés face à une guerre impérialiste et les tâches de la révolution en Argentine.
En accord avec la caractérisation de la guerre, les deux groupes refusent les pressions de l´impérialisme pour la participation argentine dans celle - ci, et ils font appel le prolétariat à l´éviter. La LOR affirme que le prolétariat doit proclamer la neutralité, parce que les deux champs sont impérialistes, partant de l´idée que soutenir la neutralité ne dépend pas du gouvernement mais de la volonté des masses pour la faire effective. Pour la LOS le mot d´ordre de neutralité signifiait placer les masses derrière un secteur de la bourgeoisie nationale, dans ce sens la critique comme une partie de la conception de chercher un secteur de la classe dominante qui place en tête une action antiimpérialiste. Sa politique considère que c´est le prolétariat celui qui peut éviter l´entrée de l´Argentine dans la guerre, mais il ne réussira que dans une lutte pour la conquête du pouvoir.
Ainsi, nous sommes dans le sujet central de la discussion sur la libération nationale et son rapport avec la guerre. La LOR affirme que le prolétariat doit profiter la guerre pour lutter pour la libération nationale contre l´impérialisme. Elle expose le développement de la mobilisation des masses contre la guerre et pour la neutralité, comme une partie de la lutte contre l´impérialisme et, dans ce sens, elle part de la lutte pour la libération nationale; posant que l´impulsion de cette lutte était le seul chemin pour maintenir à l´Argentine hors de la guerre. Pour la LOS l´objectif du prolétariat doit être la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, appliquant à l´Argentine la politique du défaitisme révolutionnaire que Lénine avait posé pour les pays impérialistes. Cela est en rapport avec la caractérisation du pays, qui est mur pour la révolution socialiste, et les tâches démocratiques sont dévaluées, considérant la révolution démocratique - bourgeoise completée.
Enfin, quant à la politique face à l´Union Soviétique, nous avons déjà éclairci les effets que cette discussion a eu dans quelques sections de la IV Internationale, arrivant jusqu´à la rupture de l´un de ses partis fondamentaux. Les groupes argentins soutiennent principalement les positions posés par Trotsky et la IV Internationale. Remarquant le caractère de la bureaucratie soviétique et dénonçant sa politique et celle de la III Internationale déjà stalinisé, mettant en relief la responsabilité de la bureaucratie staliniste dans le triomphe du fascisme en Europe, ils affirment le besoin de défendre l´URSS de façon inconditionnelle face aux agressions impérialistes et de mobiliser le prolétariat dans cette défense. Ainsi, ils remarquent que cette défense n´implique pas l´appui aux alliés de l´URSS, mais les actions pour faire arriver l´aide nécessaire au gouvernement soviétique. En dernier lieu, on pose la nécessité de lutter pour le renversement révolutionnaire de la bureaucratie soviétique.

Notre objectif a été celui de refléter les position des deux principaux groupes trotskystes face à un fait trascendental comme la Deuxième Guerre mondiale, et de remarquer un moment de l´évolution théorique et politique de ces groupes, qui se trouvent plongés dans une réalité très dinamique et dans les préparatifs du surgissement de phénomènes politiques très complexes, comme le peronisme. Cette évolution s´est développé "à contre - courant" et de façon tortueuse, bienqu´avec le mérite de chercher d´intervenir dans un débat à échèlle locale et internationale et de diffuser ses positions face aux événements fondamentaux de la lutte de classes mondiale.

 

1 - Le IKD (Internationale Kommunisten Deutschlands), le groupe d´exilés allemands, disait que face à la progression du fascisme, les révolutionnaires devaient faire partie des mouvements de lutte anti fasciste, postulant une politique d´étape, de révolution démocratique contre le fascisme, assumant en conséquence une conception de "guerre de régimes".
2 - Les positions contraires à la défense de l´Union Soviétique ont commencé à être posées à partir de la signature du pacte de non - agression entre la URSS et l´Allemagne en août 1939 et de l´invasion soviétique à la Finlande, de la part de l´Armée rouge en septembre de cette année. La tentative de la bureaucratie staliniste de "soviétiser" la Finlande à travers l´imposition bureaucratique de l´Armée réveilla l´opposition des secteurs de la IV Internationale à lancer une politique de défense de l´URSS, et ils postulaient une politique défaitiste. Ainsi, à l´intérieur du SWP, la section américaine de la IV Internationale, un groupe avec Shachtman, Burnham et Abern à la tête, déclara l´abandon de la défense de l´URSS face à une attaque impérialiste, mettant en signe d´égalité le caractère de la bureaucratie et celui de l´Etat ouvrier, et refusant, donc, le caractère de l´Etat ouvrier dégénéré de l´Union Soviétique. Ce groupe brisa le parti, affronta à la direction qui était représentée par Cannon, Novack, Dobbs et Hansen. Trotsky entreprit une lutte théorique difficile avec les "anti défensistes" exprimée, par exemple, dans son oeuvre "En défense du marxisme". En Amérique latine, l´anti défensisme eut son expression au Brésil à partir des positions de Mario Pedrosa, et exerça son influence dans les premiers groupes uruguayens.
3 - Voir Milcíades Peña "Masas, caudillos y elites" Ediciones Fichas, Bs.As. 1973, p. 47.
4 - A ce moment - là, on commencerait ce que l´on appelle "la décennie infame", une étape qui se caracterise par une majeure soummission du pays vis - à - vis de l´Angleterre (dont la majeure expression fut, précisément, le pacte Roca - Runciman qui assurait le commerce avec l´Angleterre en échange d´énormes concessions), le fraude électoral et la répression contre le mouvement ouvrier et les secteurs populaires. Après le gouvernement de Uriburu (commencé avec le coup d´Etat de 1930), la Concordance représentée par Agustín P. Justo assume en 1932. En 1938, c´est le gouvernement de Ortiz et Castillo qui assume, le premier a gouverné jusqu´en juin 1940, lorsque le vice président le suit jusqu´au coup d´Etat militaire de 1943.
5 - "Parallelement au traité en lui - même, un ensemble de pactes se sont formés, qui ont constitué le statut légal de la colonie... Cet ensemble d´accords... a transformé le pays directement en une semi - colonie anglaise. Le pays perdait sa situation de dépendant" (Nahuel Moreno, "Método de interpretación de la historia" Ed. Pluma).
6 - "Sous quelque prétexte et sous quelque mot d´ordre que ce soit, les Etats - Unis interviendront dans la terrible mêlée pour maintenir leur domination mondiale... La guerre avec le Japon serait une lutte pour "l´espace vital" dans l´océan Pacifique. La guerre dans l´Atlantique, même si elle était dirigée dans l´immédiat contre l´Allemagne, serait une lutte pour capter l´héritage de l´Angleterre...
Contre l´attitude officielle de la Maison - Blanche se dressent les protestations bruyantes de l´isolationnisme américain qui ne constitue lui - même qu´une autre variété du même impérialisme. Sous couleur d´isolationnisme et de pacifisme, une influente fraction de la bourgeoisie travaille à élaborer un programme pour l´expansion continentale des Etats - Unis et à se préparer à la lutte contre le Japon... Conforme à un tel plan, la guerre contre l´Allemagne pour la domination mondiale, ne se trouve que différée". (Manifiesto de la IV Internacional sobre la guerra imperialista y la revolución proletaria mundial, mayo de 1940, Escritos León Trotsky, CD, CEIP).
7 - Robustiniano Patrón Costas: Puissant industriel du sucre, dans le Nord du pays. Federico Pinedo, ministre des Finances du gouvernement de Castillo jusqu´à 1941.
8 - Peña, op. cit, p. 52.
9 - Orientación, décembre 1938, cité par Peña, op. cit. p. 46.
10 - La Hora, juillet 1940, cité par Peña, op. cit. p. 54.
11 - La Hora, juillet 1941, journal du PC, cité par Peña, op. cit. p. 54
12 - Cette politique aura l´une des expressions les plus claires lors de la grande grève de la viande en 1943, quand le PC trahit la grève, en la laissant sans effet, avec l´argument d´une permission des embarquements de viande pour les Alliés.
13 - Antonio Gallo provenait du socialisme, il forme avec Héctor Raurich (celui - ci provenait d´une rupture du PC, les dits "chispitas" par leur publication "La Chispa") un des premiers groupes trotskistes au début de la décennie de l´année 30, il publie une des premières analyses marxistes au sujet du coup d´Etat de 1930, "Au sujet du coup d´Etat de septembre" et "Où va l´Argentine?". Pedro Milesi était un ouvrier et militant du syndicat municipal d´origine anarchiste, qui était passé par le PC, duquel il est chassé en 1932; il forme en 1933 un des premiers groupes aussi, et qui se réclame de l´Opposition de gauche en Argentine. Les groupes de Milesi et Gallo s´unissent en 1935. Liborio Justo ou "Quebracho" était fils de celui qui fut président argentin entre 1932 et 1938 (son action publique la plus notoire fut le cri "A bas l´impérialisme" au Parlement au moment où son père accueillait le président américain); il était militant au PC avec lequel il rompt en 1936 pour adhérer à l´Opposition de gauche; il fonde le GOR en 1939. Il abandonne la IV Internationale en 1942. Mateo Fossa: Il est militant d´abord au PS, avec lequel il rompt durant la Première Guerre Mondiale, il entrera au PC; il fait partie du groupe des "chispitas" en 1927, en opposition à la direction du PC, il était le secrétaire général du syndicat du bois; là il a eu une remarquable participation dans l´énorme grève de la construction de 1936; ayant déclaré son adhésion à l´Opposition de gauche et après une expérience de "entrisme" dans une rupture du PS, le PSO, il voyage au Mexique lors d´un Congrès du syndicat et s´entretient avec L. Trotsky (voir Interviews dans "Escritos Latinoamericanos", ediciones CEIP, 1999).
14 - Osvaldo Coggiola "El trotskismo en la Argentina" vol. 1, Bs. As. CEAL, 1985, p. 30.
15 - D´après Galasso, ils seraient douze parmi lesquels seulement deux ouvriers.
16 - Les groupes de Córdoba et La Plata se séparent après, et Abelardo Ramos fonde un autre groupe (Bolcheviques leninistas), Coggiola, op. cit.
17 - Rapport du délégué de la IV Internationale au Comité Exécutif International, Ernesto González, "El trotskismo obrero e internacionalista en la Argentina" vol. 1, Ed. Antídoto, 1994, p. 75.
18 - A partir de cette visite, une série de discussions se développent, liées celles - ci au sujet que l´on traite ici, quoiqu´on n´en parlera pas à cette occasion.
19 - A la réunion de fondation, sont présents les réprésentants de la LOS (non plus avec Gallo et Milesi), le groupe de La Plata et Berisso, le noyau de Córdoba (où militait Posadas), celui de Rosario et de Santa Fé, le groupe de transport réuni autour de Medurnich Orza, la VOL (Vanguardia Obrera Leninista) orientée par Abelardo Ramos, Adolfo Perelman, entre autres.
20 - Manifeste de la IV Internationale.... op. cit.
21 - Trotsky s´opposa largement à ce concept, même avant le début de la guerre (Voir "Combattre l´impérialisme pour combattre le fascisme", 21 septembre 1938, dans "Escritos latinoamericanos", Ediciones del CEIP, 1999, p. 86-88).
Dans les années 80´ se sont exprimées des positions qui ont caracterisé la guerre comme un affrontement de régimes, en la posant comme une continuité de l´affrontement entre le fascisme et la démocratie qui se serait exprimé dans la guerre civile espagnole. C´est ainsi que, par exemple, le dirigeant du Mouvement au Socialisme, Nahuel Moreno, annonçait en 1984: "...la guerre civile espagnole a démontré jusqu´à quel degré le régime démocratique bourgeois était antagonique au fascisme, et non seulement à la classe ouvrière et à ses organisations. La Deuxième Guerre mondiale présente tout au moins des éléments semblables. Sans développer ce sujet, nous affirmons qu´on doit étudier sérieusement si la guerre n´a pas était la tentative d´étendre la contre - révolution fasciste impérialiste partout, provoquant la défaite notamment à l´URSS, mais aussi aux régimes démocratiques - bourgeois européens et américain. Cela ne veut pas dire que la Deuxième Guerre mondiale n´ait pas eu aussi un contenu important de lutte inter impérialiste. Ce que l´on veut signifier c´est qu´il faut bien préciser, de même qu´à la Guerre civile espagnole, quel fut le facteur déterminant. Fut - elle, la lutte du régime fasciste principalement contre l´URSS, mais aussi contre la démocratie bourgeoise? Ou ce fut le facteur économique, le combat parmi les impérialismes pour le contrôle du marché mondial? (Nahuel Moreno, Las Revoluciones del siglo XX, Cuadernos de formación Nº 3, p. 51, Bs. As. 1989).
22 - Ernst Mandel, "El significado de la Segunda Guerra mundial", Ed. Fontamara, Puebla, 1991, p. 45.
23 - Manifeste de la IV Internationale.... op . cit.
24 - Le monde colonial et la 2ème. Guerre mondiale, résolutions adoptées par la Conférence d´Emergence de mai 1940.
25 - Idem.
26 - Idem
27 - Manifeste de la IV Internationale, op. cit. L'Inde offre un bon exemple de cette prévision, ici, le mouvement national resurgit au début de la 2ème. Guerre. La bourgeoisie indienne accorde avec l'Angleterre son appui dans la guerre, en échange de l'indépendance. En 1942 a eu lieu un large mouvement de grève. Tandis que le PC réaffirmait son appui aux Alliés anglo - américains, la lutte qui se développait annonçait la perspective d'une guerre de libération nationale du peuple indien. La IV Internationale pariait le développement de la mobilisation anti - impérialiste en Inde, à la conjonction de ce mouvement et le mécontentement du prolétariat anglais exprimé par les grèves qui se succédaient contemporainement. A la application de cette politique enver les pays coloniaux et semi - coloniaux, la IV fait un appel aux révolutionnaires de l'Inde pour qu'ils intervienent dans ce mouvement de libération nationale et pour le lancement d'une politique indépendante de la bourgeoisie indienne.
28 - Liborio Justo, "La Argentina frente a la guerra mundial", Ediciones Acción Obrera, Bs. As. 1940, p. 3 et 5.
29 - Inicial, journal de la Ligue Ouvrière Socialiste, Nº 25.
30 - Liborio Justo, "La Argentina..." op. cit. P. 7.
31 - Inicial, Nº 19.
32 - Idem.
33 - Idem.
34 - Jorge Lagos, "La IV Internacional y la lucha contra el imperialismo", 1940.
35 - Idem, p. 19 et 20.
36 - Antonio Gallo, "Revolución socialista o liberación nacional". 1940.
37 - Justo, op. cit.
38 - Inicial, Nº19.
39 - Idem.
40 - Liborio Justo, "Las posiciones de la LOR y el centrismo", fevrier 1942.
41 - Inicial Nº 19.
42 - Inicial Nº 16, mars - avril 1941.
43 - Liborio Justo "Frente al momento del mundo, qué quiere la IV Internacional" Action Ouvrière, mars 1939.
44 - Inicial Nº 18.
45 - "Dans les pays non - développés au niveau de l´industrie, le capital étranger joue un rôle décisif. D´où la relative faiblesse de la bourgeoisie nationale vis - à - vis du prolétariat national. Ceci crée des conditions spéciales de pouvoir étatique. Le gouvernement oscille entre le capital étranger et le capital national, entre la bourgeoisie nationale relativement faible et le prolétariat relativement puissant. Ceci rend au gouvernement un caractère bonapartiste sui generis, d´une nature toute particulière. Il s´élève, pour ainsi dire, par dessus les classes. En fait, il gouverne soit comme un outil du capitalisme étranger et soumettant le prolétariat à travers les chaînes d´une dictature policiale, soit en manoeuvrant le prolétariat, arrivant même à lui rendre des concessions, gagnant la possibilité de disposer d´une certaine liberté par rapport aux capitalistes étrangers". (L. Trotsky, Escritos Latinoamericanos, art. "La industria nacionalizada y la administración obrera", 12 mai 1939, Ediciones CEIP, 1999, p. 151).
46 - "Dans ce sens, au cours de la lutte pour les tâches démocratiques, on oppose le prolétariat à la bourgeoisie. L´indépendance du prolétariat, même au début de ce mouvement, est absolument nécessaire"(Discusión sobre América Latina, op. cit. p. 111).
47 - "...cette appréciation et cette différence d´attitude ne son pas permises qu´à condition de la non - participation de notre organisation dans l´APRA, dans le Kuomingtang ou dans le PRM et la conservation d´une liberté d´action et de critique absolue", op. cit.
48 - Coggiola, op. cit. P. 11.
49 - Justo, "La Argentina frente..."op. cit. P.11.
50 - Ainsi, par exemple, Liborio Justo expose "Les paralysés socialistes de la Casa del Pueblo ont une âme de tremplin de porte: ils sont toujours aux pieds de l'oligarchie et de l'impérialisme. En rééditant leur attitude accentuée de 1914, ils se sont unis au premier rang parmi les forces de choc de l'impérialisme anglo - français en Argentine". A propos du PC, il dit: "Jusqu'au moment de la concertation du pacte nazi - stalinien, les génouflexes de l'assassin d'ouvriers du Kremlin, constituaient l'avant - garde bélligérante de l'impérialisme anglo - français... Cependant, de leur entente avec le sanglant dictateur nazi, ils découvrent l'impérialisme anglo - français... Et, finalement, les guerriers d'hier... se voient transformés en de têtus pacifistes aimant la neutralité". Quant à FORJA et sa défense de la neutralité, Liborio Justo affirme: "il y a un droit de doute pour ce qui est de l'effective position puisqu'on a pu prouver la connivence honteuse avec les pires éléments nationalistes et nazi - fascistes au journal Reconquista". (L. Justo, "La Argentina frente...", p. 20-21).
51 - Idem, p. 14.
52 - Idem, p. 16.
53 - "Frente Obrero, antes Inicial" Nº 25.
54 - Justo, "La Argentina frente..."op. cit p. 14 et 15.
55 - La Nueva Internacional, publication du Groupe Ouvrier Révolutionnaire, Nº 9.
56 - Inicial Nº 11.
57 - Inicial Nº 16.
58 - La Nueva Internacional, juin 1940.
59 - Idem.
60 - Justo, "La Argentina frente..." op. cit. p. 20.
61 - Idem.
62 - Idem.
63 - La Nueva Internacional, juin 1940.
64 - Idem.
65 - Justo, "La Argentina frente..." op. cit. p. 36.
66 - La Nueva Internacional, juin 1940.
67 - Inicial Nº 19.
68 - Inicial Nº 18, juin 1941.
69 - Inicial Nº 16.
70 - Inicial Nº 19.
71 - Lagos, "La IV Internacional...", op. cit.
72 - Inicial, juin 1940.
73 - Inicial Nº 16.
74 - Inicial Nº 19.
75 - Brochure de la LOR, 23 juin 1943, postérieure à la période qu´on analyse mais représentative de ses positions.
76 - Au numéro 16 de Inicial, mars - avril 1941, la LOS informe l´expulsion de Pedro Milesi de l´organisation, dû à sa participation à la rédaction et le rapport au Congrès de USA (l´une des centrales syndicales argentines) d´une résolution où on affirme son opposition au fascisme que "ont souffert les nations telles que la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Hollande, la Norvège, la Finlande, etc." et qui était interprétée comme une égalité entre le fascisme et l´URSS (en faisant mention à l´attaque envers la Finlande) et comme une politique de "lutte contre le fascisme". Pour la LOS, cette déclaration "ne signifie autre chose que la répétition, dans des plans politiques différents, que la formule qui défini la trahison anarcho - staliniste - républicaine à la révolution espagnole: "d´abord, gagner la guerre, après, faire la révolution". Pour cela, ils ont perdu la guerre, ils ont étranglé la révolution et ils ont livré le peuple espagnol au fascisme. En ce qui concerne l´agression soviétique en Finlande, et le caractère de l´URSS, la Ligue Ouvrière Socialiste - IV Internationale - déclare à la classe ouvrière que, selon les thèses centrales de son Congrès de Fondation et avec le Manifeste d´Emergence, la lutte soviétique contre le territoire finlandais, brutalement réalisé par la bureaucratie staliniste, a été une mesure de défense menée par le Kremlin pour se cuirassé d´une attaque impérialiste franco - britannique, venant de la Finlande. La IV Internationale considère l´URSS comme un Etat ouvrier dégénéré, puisqu´il conserve encore les bases économiques instaurées par la révolution d´Octobre (...) Le comité exécutif refuse comme infâmes diatribes les charges formulées par l´organe staliniste La Hora, contre le citoyen Pedro Milesi (...) décide l´expulser de ses rangs (...) pour avoir violé la discipline politique de l´organisation par le fait d´avoir parlé auprès d´un Congrès ouvrier sans son contrôle et d´avoir adopté des principes politiques qui méconnaissent la dictature du prolétariat, nient les traditions du bolchevisme et transgressent en totalité le programme marxiste de la IV Internationale.
77 - Inicial Nº 20.




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